Voulez-vous tu?

Lettre à un futur polyamoureux

Crédit photo Félix Deconinck
Ma place est où? C’est juste moi qui peux me répondre. Je suis spéciale pour toi. Je suis unique pour toi, parce que je suis la seule à être moi et que notre ensemble est pas comparable à mes autres ensembles, à tes autres ensembles.

J’ai envie de te dire que je t’aime. Je me retiens parce que tu comprendrais le « je t’aime » comme un « je t’aime » de let’s-get-married-buy-a-house-have-kids-and-a-lawn-mower (then we’d stop having sex and cheat on each other, but no one admits that).

Dans le réel de mon cœur papillonnant ça serait plus un « je t’aime » de je-suis-bien-quand-tu-me-flattes-les-cheveux, de je-suis-heureuse-avec-toi-en-ce-moment, de t’es-un-p’tit-plus-dans-ma-vie-qui-me-fait-sourire, de continuons-à-nous-découvrir. Un je t’aime casual qui pourrait avoir un moi aussi en réponse pis on s’en fait pas trop avec le reste.

Si t’es down pour qu’on se serre dans nos bras pis qu’on se démontre nos affections publiquement en forme de pognage de mains pis de p’tits bisous au coin d’la rue, moi ça marche. Si t’es down pour qu’on se voit sans nécessairement que tu te trempes le pénis dans mon attrait, moi ça marche. Si t’es down pour m’accompagner dans des soupers de couples, dans des party pis d’autres événements avec d’autres gens que je connais, que tu connais, moi ça marche. Des fois peut-être que j’inviterai quelqu’un d’autre. Des fois, t’invitera quelqu’une d’autre, mais tant qu’on continue à s’inviter l’un l’autre sans s’éviter, moi… ça marche.

Faut pas qu’on rentre en guerre. J’suis pacifiste de nature. J’me promène pas avec des munitions. Jette tes munitions. Ton pouvoir, j’veux pas qu’il existe. Pas plus que le mien. Le seul pouvoir que je peux avoir est envers moi-même. Je t’aime, mais pas plus que je m’aime.

Je t’ai montré la plus belle photo de mon ex et moi. Je me demande ce que ça t’a fait. Je me demande si j’ai eu du pouvoir. Je veux que ça t’aies rien fait, parce que je veux pas que tu sois victime de mes défauts. Je veux que ç’a t’aies fait quelque chose parce que y’a rien d’aussi parlant que la peur, la crainte, la jalousie pour comprendre qu’on risque la perte. La perte de l’autre. Cette peur-là, qui nous tenaille le dedans, en forme de boule la plupart du temps… ben pesante dans le thorax. Cette explosion qui finit plus de finir qui nous fait dire « fuck, j’pense que j’ai des émotions ». La peur des émotions. La peur de perdre, au profit de l’autre, le pouvoir qu’on a sur nous-mêmes. Si on perd ce pouvoir, c’est l’autre qui l’obtient. L’autre nous domine, nous tue à coup de « pas ce soir » « je suis occupé » « désolé, on se reprend », en ajoutant des « babe » à qui mieux mieux pour faire comme si tout était ben chill. Pis on a envie de crier que tout ce qu’on veut c’est lui voir les lunettes, peut-être les bobettes.

Vous comprenez? j’veux pu ça. Noircir une page de fuck you. J’veux pu ça, regarder mon cell comme s’il allait devenir celui de mon désir.

Dans la version moderne, c’est pas des crapauds que les princesses embrassent, c’est des cellulaires. Pis, de toute façon, je suis pas sûre qu’un prince ex-crapaud-cellulaire c’est de ben bonne augure.

Ma tête est camomille, t’sais, relax. Mais ma patate a pris du speed ou beaucoup trop de café… grâce à toi pis toi pis toi.

Offre moi une bière le soir, fais-moi du café le matin, caresses-moi le dos et dis-moi bonne nuit.

J’vous aime égal.


Commentaires

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  2. C'est important la communication! Ton blog est intéressant et tu as un belle plume! Continu, c'est inspirant :)

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  3. Tu est belle, je suis beau soyons en Amour... moi je suis game de tenir ta main en public et de t'embrasser n'importe où.

    Ig: alexlangelier

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